mardi 5 mai 2015

Voici un très long texte

   J’aimerais mettre de l’ordre dans mes idées, et c’est en écrivant un texte complètement désorganisé que je pense m’aider. Je tiens avant tout à expliquer que tout est confus dans mon jeune esprit, et que mes façons de penser se contredisent souvent dans un tel paradoxe qu’il m’arrive de me demander si je ne souffre pas de schizophrénie ou de double personnalité. J’avertis également les plus courageux d’entre vous qui sauront lire ce pavé jusqu’au bout, et pourquoi pas y répondre en me donnant un ressenti, un avis, un nouveau point de vue sur la personne que je suis.

Je crains de souffrir de trouble mental, et pourtant quand j’écris, quand je me balade dans la nature pour échapper au monde, je sens bien que ma santé mentale est bonne. Alors qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? J’essaierais d’en trouver la réponse en relisant ce que j’aligne sur cette page.

   Tout d’abord, ce qui me dérange chez moi, c’est mon désordre. Ça m’énerve car quand je dis cela, on peut penser de moi que je suis une folle du rangement. J’aime être ordonnée, je tiens à ranger chaque chose correctement, car j’ai perdu beaucoup d’objets précieux pour moi par le passé, et surtout, je suis en quelque sorte en train de réunir tout ce que je voudrais emmener avec moi quand je quitterais le nid familial. Je réunis mes affaires pour ne rien oublier. Je ne suis tout de même pas une folle du rangement, puisque je sais bien que je suis la personne la plus désordonnée que je connaisse moi-même. Je peux passer une journée entière à ranger ma chambre, être satisfaite d’avoir travaillé dur pour avoir plus d’espace et dormir dans la même pièce que tout ce qui n’appartient qu’à moi, et pourtant, une fois cette énergie dépensée, je me retrouve à nouveau seule avec mes pensées, et elles sont dans un bazar sans nom. J'ai tout de même tenté de séparer ça en différentes parties, à la manière d'une dissertation.

I / Seule et misanthrope, pourtant bien obligée de se socialiser


   Je fais tout ce que je peux pour échapper au désordre mental que j’abrite dans mon esprit, car je pense à mille choses, de mille façons différentes. Je vais illustrer ce que je disais plus haut, au sujet de ma potentielle double personnalité, en vous expliquant un aspect de ma pensée profonde. Je déteste la solitude, et pourtant je ne suis bien qu’avec elle. Vous voyez, c’est très difficile à expliquer, parce que pour moi-même, ça ne fait aucun sens. Je déteste les Humains, je suis une misanthrope confirmée. Je ne supporte pas les immondices de ce que nous appelons société le plus souvent, que je préfère appeler « ce qu’on attend de nous, ce à quoi on nous demande de ressembler. Suivre la masse, penser comme tout le monde ». Voilà je déteste les Humains à tel point que je me sens étrangère à ce peuple. J’ai l’air humain, mais de tout mon être, je ne le suis absolument pas. Pour vous expliquer l’aspect le plus sombre de ce mépris, je sais au fond de moi que j’éprouverais une mince difficulté à ôter la vie d’un Homme, alors qu’il me serait impossible d’achever un animal.
Pourtant je suis admiratrice de certaines personnes pour leur générosité presque infinie, ou leur optimisme sans limites. J’apprécie tout de même la compagnie de beaucoup de personnes, et je me surprends à me trouver anormale car je sais que ces amis que je possède me sont précieux, mais que je peux aussi très bien me passer d’eux. En fait, j’aime être seule, mais pas au milieu de la foule. Je ne supporte pas de sortir, croiser des inconnus, sans la présence d’une personne rassurante. Soit seule au monde, soit avec des amis, c’est ce que je pense.
J’ai peur de tout ou presque, mais surtout de l’Humain que je déteste. Je parle de celui qui n’a aucun scrupule à briser les espoirs de ses semblables pour atteindre ses propres ambitions. Je reproche à l’Homme d’être un égoïste, un lâche, un assassin, un dangereux fou. Un jour une amie m’a dit ces mots « Tout le monde peut tuer ». Je repense à quel point elle a tristement raison. Tout le monde. Absolument n’importe qui, a le pouvoir d’ôter une vie. Même si certains restent traumatisés par l’expérience d’enlever la vie d’une personne, on ne peut qu’admettre que c’est bien trop facile de tuer. Et c’est ça qui m’effraie chez l’Homme, c’est ce qui m’a résolue à penser qu’il me serait amplement plus envisageable de tuer un Homme, plutôt qu’un animal.

   Autre chose qui me gêne chez l’Être Humain, c’est sa soif de pouvoir. Cependant, je distingue une différence entre Homme de type politicien (ou commerçant), et Homme de type citoyen (comprenant aussi les pauvres, les gens qui se battent et se cassent la figure). L’Homme de type politicien regarde ses semblables comme des consommateurs. Il cherche sans cesse le moyen d’innover quelque chose qui sera consommé en masse, et c’est ainsi qu’il prend le pouvoir. Il s’approprie à présent Internet, seul lieu où la liberté de s’exprimer est totale, on peut dire ce que l’on veut sans être jugé, du moins pas verbalement. Et cet Homme-là retourne la liberté contre ses sujets. Il assujetti ses semblables, qu’il juge sans doute inférieur, et les soumet encore plus à la consommation. Comment puis-je faire confiance à la société, si je ne fais que constater qu’elle est contrôlée ? L’Homme de type citoyen ne s’en rend pas compte, il a soit pour objectif d’être heureux dans la vie (ce qui en soi, devrait être le désir de chacun), soit de devenir de type politicien, un Homme qui contrôle, gouverne, domine… Un Homme de pouvoir. Je jette ici mon mépris sur l’Homme de pouvoir.

   Cependant, je ne peux m’empêcher d’avoir des lueurs d’espoir, me dire que les choses s’arrangent : il y a tout de même un bon côté chez les Humains, qui les poussent à faire plus attention aux dégâts causés à la nature, à nos ressources et à ceux qui meurent de faim. Mais je ne peux m’empêcher de me dire que même si on remonte tout doucement vers le bien, c’est bien trop faible, rare, et surtout, si l’Homme était vraiment doté d’intelligence (comme sa prétention l’exige), il n’en serait jamais arrivé là.

   Pour l’instant, je n’ai fait que discuter de mon mépris pour l’Humain, mais je dois admettre que pour vivre, je ne peux pas me passer de son existence, alors que c’est ce que j’aimerais plus que tout au monde, pour me sentir vraiment libre, et hors de l’emprise d’une majorité au pouvoir. Je me dois également de confesser que malgré tout le reproche que je fais aux Hommes, je sais que notre situation pourrait être largement pire, qu’il n’est pas trop tard, et que nous tenons encore la route (pour combien de temps… Je n’en sais trop rien, j’attends encore que le bien vers lequel on se dirige vienne à nous plus vite).

II / En plus, j'aime pas la religion


    J’aimerais ajouter à cela ma profonde gêne pour tout ce qui est de l’ordre religieux, qui insuffle à l’Homme, non pas la tolérance qu’on attendrait de lui, mais l’envie que tout le monde pense comme lui-même, et donc essayer de convaincre les autres que sa croyance est la vraie. J’ai une amie chrétienne, qui (pardonnez mon langage) m’emmerde à vouloir que je croie au Dieu unique. On dirait qu’elle cherche à me « sauver » pour que j’aille au même paradis qu’elle. En un sens, ça part d’une attention plutôt mignonne, mais je ne supporte pas qu’on essaie de me dicter ma pensée, et ce en quoi je dois croire. Elle déteste également le fait que je croie en plusieurs dieux, et que pour moi, même si le dieu en lequel elle croie existe, j’ai la conviction qu’il n’est pas le seul, et que l’Être Humain n’est pas le centre de l’Univers. Je trouve cette religion incroyablement prétentieuse et c’en est grotesque. A chacun sa façon de penser, alors si tu lis ceci, laisses-moi la mienne. Que chacun laisse les autres penser comme il veut, ce n’est pas compliqué, même si ça fait mal à votre ego.

III/ Là je raconte ma vie


   Et malgré tout le mépris que j’ai pour l’Homme, c’est moi que je déteste le plus. Voyez-vous, depuis que je suis toute petite… Sans mentir, déjà dès la primaire, je réfléchissais trop, j’en avait des difficultés à m’endormir. Je sentais déjà que je n’appartenais pas à ce monde, qu’il ne voulait pas de moi, comme moi je n’en voulais pas. Je n’ai pourtant pas eu une enfance malheureuse : ma mère, bien qu’en difficulté financière, s’est toujours assurée de nous offrir de beaux cadeaux, à ma petite sœur et moi, pour nos anniversaires et les fêtes de noël. Nous nous sommes toujours entendues avec nos cousins et cousines, et allions régulièrement voir nos grands-parents de chaque côté de la famille. Ils s’inquiétaient même de savoir si avoir des parents séparés était difficile pour nous, alors que pas du tout, nous n’avons connu que ça, et étions heureuses quand même. Mais j’étais disons, une enfant très discrète, voire trop. Timide, aussi. Et je ne faisais qu’observer le monde qui m’entoure, d’un œil sceptique. Je me disais déjà que mes camarades de classe étaient stupides et immatures (alors que moi aussi, naturellement, à cet âge-là). Je désirais malgré tout m’intégrer, ce qui fut difficile. Au collège, j’ai commencé à me faire des amis proches, mais je restais dans la crainte qu’un groupe de mauvaise graine me juge, ou m’embête. J’interprétais mal ce qu’on me disais, je confondais humour et insulte, ce qui m’a valu une intégration lente, seule quelques personnes acceptaient ma présence. Puis, en seconde, j’étais si angoissée d’aller au lycée, que les premiers mois de cours, j’avais déjà assez d’absences pour que la CPE me dise que je n’étais pas loin d’avoir une colle. J’avais la trouille d’aller me confronter aux autres. Ma mère me voyait, j’étais malade. Le soir tout allait bien, puis le matin avant de sortir, je devenais pâle et faisait soit une crise de nerfs, soit je fondais en larmes. Alors elle m’a laissé le temps qu’il fallait. Mais un jour, et je la remercie pour ça, elle m’a tout de même obligée à y aller. Elle m’a emmenée en voiture, et souhaité une bonne journée. Et c’est ce jour-là que j’ai commencé à me faire des amis, et tout au long de mes années de lycée, j’ai appris à vaincre ma timidité, me faire des amis, m’entendre même avec les gens que je n’aime pas. Alors pendant trois ans, un peu plus, j’ai oublié que je détestais ma propre personne.

IV/ Conclusion


   Oui, ce qui me pousse aujourd’hui à écrire, c’est que de vieux démons reviennent me rappeler qu’au fond, j’ai toujours détesté celle que je suis. J’ai à nouveau des difficultés pour dormir, et même si je parviens à penser à autre chose quand je m’occupe, le soir je n’échappe pas à mes pensées. Je me hais. Pour mon égoïsme, à tout faire pour mon bonheur et pas celui des autres. Pour ma peur excessive de presque tout et n’importe quoi. Pour ma lâcheté, car j’ai tant envie de fuir les difficultés que je souhaiterais mettre un terme à ma vie. La première fois que j’y ai songé, j’étais bien trop jeune pour avoir ce genre d’idées noires. Mais je suis mille fois plus lâche que tous les suicidaires au monde, puisque au fond, je sais très bien que je n’aurais jamais le courage nécessaire pour en finir. Alors je reste là à me haïr d’être aussi faible. Je n’ai pas réussi à décrire tout ce qui se bouscule dans mon esprit, mais j’espère en avoir illustré l’essentiel. Je n’attends pas qu’on vienne m’aider, j’ai conscience que je ne vais pas rester triste éternellement, mais j’attends de savoir si quelqu’un a déjà eu une manière de voir les choses plus ou moins similaire à la mienne, et qu’on discute. A cœur ouvert, tout simplement. Que je me dise que je ne suis pas seule à ne pas me sentir de ce monde, et à regarder l’Humanité presque toute entière comme mon ennemie. J'en suis au stade où je n'essaie même plus de donner un sens à mon existence, mais j'essaie de la rendre moins désagréable, supportable... Je cherche encore qui je suis, que dois-je faire, pour être heureuse sans faire de mal autour de moi.


A votre tour de vous exprimer. Dites-moi que je ne suis pas mentalement instable.